Test – Utawarerumono : Mask of Deception

L’acclimatation à des jeux typiquement japonais comme Utawarerumono n’est pas toujours évidente. Ce jeu est dit « visual novel » entendez par là un roman visuel. C’est à mi-chemin entre un animé et un roman. Sachant que le jeu est en japonais, sous-titré en anglais, il n’aide pas non plus par son accessibilité difficile pour ceux qui ont du mal avec ces langues. Mais après avoir passé ces a priori, qu’en est-il réellement de la qualité de ce jeu ? C’est ce que nous allons tenter de vous dévoiler, sans spoiler.

De la lecture

La première chose qui saute aux yeux quand on commence l’aventure, c’est la quantité astronomique de texte à lire. Ce texte retranscrit donc les pensées, les paroles, mais aussi étonnant que cela puisse paraître, les sons, comme les cris, un meuble qui se casse ou les gémissements. Ça fait vraiment bizarre.
L’histoire se focalise sur un jeune homme qui se réveille dans la neige au milieu de nulle part et se rend compte qu’il a complètement perdu la mémoire. Il rencontre rapidement une jeune femme nommée Kuon qui va le prendre sous son aile et ils vont commencer à voyager dans une province imaginaire ressemblant au Japon féodal. Kuon va donner un nom à notre personnage principal : Haku. Rapidement nous allons devoir faire face à des ennemis d’une autre province et des alliances avec d’autres personnages devront donc se faire.

Utawarerumono: Mask of Deception - Story trailer

Le jeu se veut ultra dirigiste. Nous ne choisissons pas où nous allons et d’ailleurs nous ne contrôlons pas notre personnage. Ce sont uniquement des successions d’images fixes, présentes pour illustrer ce qu’il se passe. Nous avons donc sur l’écran la représentation du personnage qui parle et c’est tout.

La progression est donc très lente. A titre indicatif, sur les quatre premières heures de jeu, il n’y aura eu que deux combats où nous étions réellement actifs avec la manette. Ce qui représente 30 minutes en quatre heures. Heureusement, il est possible d’accélérer les dialogues de deux façons. La première en activant un mode automatique qui passe automatiquement les sous-titres, comme si nous étions face à une série TV. La seconde est plus radicale : d’une simple pression de la touche R1 et en la maintenant appuyée, on passe en vitesse ultra rapide tous les dialogues jusqu’à arriver au prochain combat. Évidemment on passe donc à côté du scénario.

Le nerf de la guerre

Les combats ne sont pas très présents, environ dix. Mais chacun se veut unique. Il débute par la présentation des conditions de victoire ou de défaite. Par exemple, on perd si un de nos personnages est mis KO. L’aspect stratégique est primordial, surtout que le système de jeu est au tour par tour, avec un système de points de vitesse afin de savoir quel sera le prochain personnage à devoir faire une action.
L’action se déroule sur une sorte d’échiquier. Chaque personnage peut bouger d’un certain nombre de cases et réaliser des attaques et sorts qui lui sont propres. De plus, il y a un système d’éléments (feu, air, eau, etc) qui est à prendre en compte.
Chaque action – offensive ou défensive – nécessite d’avoir des réflexes. Des actions « chains » sont présentes où il faut appuyer à un moment précis sur un bouton pour que notre attaque fasse un coup critique, et inversement, quand nous nous faisons attaquer, appuyer au bon moment permettra d’éviter des dégâts ou de les réduire, sous peine de perdre rapidement nos personnages !

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Pour conclure sur cet aspect, le jeu a un côté RPG dans le sens où nous pourrons équiper nos personnages de parchemins afin de leur donner des bonus comme esquiver des attaques, avancer d’une case supplémentaire ou réduire les dégâts d’un élément.

Une PS2 dans une PS4

Techniquement parlant, le jeu ne fait pas du tout honneur à la PS4. Les images fixes, très bien dessinées, auraient pu être affichées par une PS2 ou PS3. C’est d’autant plus vrai pour l’aspect 3D du jeu (uniquement les combats) où les textures sont très pauvres et minimalistes.
L’animation des séquences en 3D est très robotique, un peu comme si vous étiez devant un jeu 3D d’il y a 15 ans.

L’ambiance sonore et musicale est quant à elle assez monotone et répétitive. Seules les voix japonaises sont bien jouées. Même si on pestera devant notre personnage principal qui est une vraie poule mouillée : ça se ressent jusque dans le timbre de sa voix.

Utawarerumono : Mask of Deception
Date de sortie
23/05/2017
Genre
RPG
Editeur
ATLUS USA
Développeur
Aqua plus
Qualités
  • Des dessins agréables à regarder
  • L’aspect stratégique
  • Les voix japonaises
  • Le new game +
Défauts
  • Des sous-titres uniquement en anglais
  • Des graphismes trop limités
  • Des textes trop longs
  • Une ambiance musicale décevante
VERDICT

Prendra la poussière

Utawerumono est un jeu qui ne plaira vraiment pas à tout le monde. L’histoire se termine en environ 15 heures si nous zappons tous les dialogues. Mais si on lit exclusivement tout ce qui est dit, il faut minimum 50 heures pour en faire le tour. Attention également, le jeu n’est pas forcément adapté à un public trop jeune, certains images de nudité sont assez présentes. La totalité ou presque des personnages féminins ont une poitrine plus que généreuse et seront toutes nues ou presque à un moment donné. Le fait de pouvoir continuer le jeu une fois l’histoire terminée permet d’aller dans une zone où les combats sont légion, intéressants et très durs.

A propos des notes du Community Mag
Test réalisé à partir d'une version editeur. Les images de ce test sont fournies par l'éditeur.

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