Test – The Last of Us

The Last Of Us, dernier jeu en date de Naughty Dog, est disponible depuis quelques semaines. Lorsqu’un jeu de ce fameux studio sort, c’est toujours un événement. En effet, ce dernier a prouvé à maintes reprises son savoir-faire, devenant en quelque sorte le porte-étendard de PlayStation.
Encensé tant par la critique que par les nombreuses personnes qui ont pu déjà y jouer, The Last Of Us semble être LE jeu à posséder sur PlayStation 3. Mais n’est-il pas un tant soit peu surestimé ? L’aura de Naughty Dog ne fausse-t-elle pas la perception que peuvent avoir les joueurs et la presse sur ce qui n’est au final qu’un énième jeu de zombies ?

The Last of Us - Screenshot 5

L’effet « Wow » !

Ce qui interpelle dès le départ lorsqu’on commence à jouer à The Last of Us, ce sont les graphismes. Les qualificatifs qui viennent à l’esprit du joueur sont : sublime, magnifique, extraordinaire, Waouh !, Pu***n c’est beau !, « Mes yeux ! Mes pauvres yeux ! Je suis aveuglé(e) par tant de beauté et de réalisme dans un jeu sur PlayStation 3. » Bon on vous l’accorde, on exagère un tantinet. Mais vous serez réellement ébahi par la qualité des graphismes. La PlayStation 3 est exploitée à son maximum et ça se voit à l’écran. Que ce soit les personnages et leurs expressions, les décors et le souci du détail accordé à chaque endroit que l’on visite pour rendre l’univers du jeu le plus réaliste possible, The Last Of Us en met plein la vue. Les lieux traversés par le joueur sont plutôt ouverts, laissant la part belle à l’exploration. Même si on suit un parcours plus ou moins prédéfini, l’effet couloir de la série « Uncharted » est ici quasi-absent. La prouesse technique est d’autant plus impressionnante. On note tout de même dans le jeu un peu d’aliasing visible par-ci, par-là ou quelques petits bugs d’affichage mais c’est en de très rares occasions et ce serait être le roi du chipotage de lui en tenir rigueur.

The Last of Us - Screenshot 3

L’atmosphère post-apocalyptique est magnifiquement retranscrite grâce aux graphismes mais pas seulement. Le gameplay axé sur la survie, les éléments de background de l’histoire ainsi que l’ambiance sonore y participent largement.

Ecoutes et tais-toi !

En ce qui concerne le gameplay du jeu, ce dernier est construit de manière à obliger le joueur à prendre son temps. En effet, chaque action nécessite quelques secondes. Pour se soigner, recharger, préparer un cocktail Molotov ou des bombes de clous par exemple, il faudra au héros poser son sac à dos et prendre le temps de faire le nécessaire à l’abri de toute hostilité, à condition d’avoir assez de provisions pour confectionner l’objet souhaité. Sans cela, la mort ne sera jamais très loin. Il faut donc ramasser et explorer les environs le plus souvent possible afin de ne rien louper.
Il est également possible d’améliorer ses compétences (la santé maximale, le rayon du mode écoute, la vitesse de confection ou de soin…) en ramassant et en avalant des pilules ainsi que de récolter des pièces d’outils afin d’upgrader vos différentes armes lorsqu’on trouve un établi pour le faire.
Si ces éléments sont importants, ce qui prime pour survivre reste la discrétion. Foncer tête baissée dans le tas n’aboutira le plus souvent qu’à une mort assurée. Pour rester furtif, le joueur peut passer en mode écoute. Grâce à une des gâchettes de la manette, il est en effet possible de repérer les ennemis présents dans les alentours. Cette capacité permet ainsi d’établir une stratégie afin de comprendre le déplacement des adversaires et ainsi pouvoir les surprendre et les tuer en toute discrétion. Si avec les ennemis humains, il faut éviter de se faire voir à tout prix, cela n’est pas forcément le cas avec les infectés.

The Last of Us - Screenshot 2

En effet, il existe plusieurs types de cette engeance, selon leur niveau de contamination. Ainsi, nos héros auront souvent affaire par exemple à des coureurs (infectés rapides possédant encore tous leurs sens) ou des claqueurs (aveugles mais sensibles aux bruits et ayant une force démultipliée). Selon les infectés présents, il faut adapter sa stratégie pour s’en débarrasser le plus facilement possible. La fuite étant parfois plus salutaire que n’importe quelle autre tentative.
A ce sujet, l’IA des ennemis ou des alliés même si elle n’est pas exempt de défauts s’en sort en règle générale très bien. Il arrive cependant parfois que vos acolytes soient bien visibles aux yeux des ennemis (souvent des infectés) voire même rentrent dedans sans que ces derniers ne réagissent. C’est un peu dommage car cela nuit au réalisme du jeu.
Les nombreux passages avec des infectés ne manqueront pas de vous faire suer, et se montreront réellement angoissants par moment. Quelques montées d’adrénaline sont à prévoir mais c’est bien la moindre des choses que l’on attend de la part d’un survival-horror. On peut cependant reprocher une certaine routine dans l’alternance entre ennemis humains et infectés. En effet, soit on affronte des humains, soit des infectés et à force on s’est plus ou moins à quoi s’attendre, les deux genres d’adversaires ne se mélangeant jamais au cours de l’aventure.

Joel et Ellie

A ce stade de la lecture, vous devez vous demander pourquoi le chapitre sur l’histoire n’a pas encore été abordé… C’est pour garder le meilleur pour la fin, enfin presque.

The Last of Us - Screenshot 1

L’histoire du jeu plonge donc le joueur dans un monde dévasté par une infection provoquée par le Cordyceps, un champignon qui se développe dans le corps de l’infecté le tuant et prenant le contrôle de l’hôte. Transmissible par le biais de morsures ou par l’inhalation de spores, l’infection s’est répandue très rapidement transformant une majorité de la population mondiale en infectés.
Le pitch de départ, s’appuyant sur une certaine véracité scientifique, est plutôt original pour le genre. Cependant le reste de l’histoire est assez classique et utilise des pirouettes scénaristiques éprouvées pour donner un sens à l’aventure qui attend le joueur. C’est pourquoi après une introduction intense et poignante, les premières heures de jeu peuvent être décevantes. Mais c’était sans compter la promesse faite par Naughty Dog lors de la présentation du jeu. La force du titre ne vient pas de l’histoire en elle-même, mais du duo formé par Joel et Ellie et de leurs interactions. Les voir se rencontrer, se côtoyer, s’apprivoiser, dialoguer, s’affronter et se faire confiance peu à peu est véritablement ce qui fait du jeu une aventure extraordinaire. Les dialogues, les situations qu’ils traversent, les personnes qu’ils rencontrent ainsi que le gameplay fonctionnant sur l’entraide entre les deux personnages : tout est mis en œuvre pour que le joueur s’attache au duo. Et cela marche à merveille. Leur relation atteint son paroxysme dans un final émouvant et qui ne se finit pas forcément comme on le prévoit. Rares sont les jeux où les protagonistes vous procureront autant d’émotions et d’attachement. Le doublage français est d’ailleurs très réussi et y contribue. On note cependant deux ou trois passages où il existe un bug de synchronisation, les dialogues démarrant trop tard et se superposant. La musique est d’ailleurs assez discrète mais plonge le joueur dans l’ambiance souhaitée sur le moment.
Enfin le background de l’univers est très bien développé grâce aux différentes notes ou lettres à ramasser et à lire lors de votre périple. Elles permettent ainsi de comprendre ce qu’il s’est passé et comment différentes personnes ont vécu les événements. Les personnages secondaires contribuent eux aussi à donner vie à cet univers morbide et post-apocalyptique.

The Last of Us - Screenshot 2

Survivre à plusieurs

Pour terminer le jeu, comptez entre quinze et vingt heures de jeu. Ensuite, le multijoueur vous fera peut-être de l’œil. Si tel est le cas, sachez que ce dernier peut paraître plutôt classique. En effet les deux modes de jeu proposés ne sont au final que du team-deathmatch ou de l’élimination voyant s’affronter deux équipes de quatre joueurs. Mais l’originalité de ce mode vient de sa présentation et de ses mécaniques. En effet, vous devez faire vivre et grandir toute une communauté qui compte sur vous pour ramener des provisions afin de subvenir à leurs besoins. Pendant douze semaines (un jour étant égal à un match en multijoueur), il vous faut donc tout faire pour éliminer l’équipe adverse et/ou récolter le plus de provisions possibles disséminées sur les sept cartes de ce mode. Plus vous avancez dans le temps, plus vous récupérez d’éléments, plus votre communauté s’agrandit et plus leurs besoins sont importants. De plus, le mode vous proposera parfois des défis qui, si vous ne les réussissez pas, peuvent vous coûter cher, allant jusqu’à vous faire perdre tous les membres de votre communauté et vous obligeant à recommencer tout à zéro. Le multijoueur est donc plutôt sympathique s’accordant bien avec l’esprit du jeu. Il n’en est pas pour autant indispensable.

 
On aime
+ Joel et Ellie
+ Les dialogues du jeu
+ Les graphismes
+ L’ambiance

On aime moins
– L’IA des infectés parfois pas cohérente

Verdict
Si The Last Of Us n’est pas exempt de menus défauts et relatant une histoire assez classique pour le genre, le duo Ellie/Joel de par l’écriture de leurs dialogues et de la co-dépendence dont ils vont faire preuve est le véritable chef d’œuvre du titre. Au final, même si The Last of Us prend place dans un univers post-apocalyptique envahi d’infectés, il ne s’agit pas d’un énième jeu de zombies mais bel et bien de l’histoire entre une jeune adolescente et un homme obligés par la force des choses d’apprendre à se connaître et à se faire confiance.

Captivant

The Last of Us
Date de sortie
14/06/2013
Genre
Aventure
Editeur
SCEE
Développeur
Naughty Dog
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