Test – Silent Hill Downpour

Dans notre petite ville de campagne américaine, nichée au nord-est des États-Unis, le tourisme est notre principale activité. Dominée par l’immense et placide lac Toluca, notre bourgade est parfois recouverte d’un épais brouillard gris, ce qui lui donne ce cachet si particulier et reposant. Situé non loin du vieux quartier et du plus récent déjà bien connus par nos touristes, nous vous invitons à découvrir le quartier sud-est de la ville récemment accessible avec son téléphérique, son métro, son orphelinat et sa forêt luxuriante. Pour les plus réticents, les plus sceptiques ou ceux ayant eu vent des regrettables rumeurs courant sur notre charmante ville, nous vous rassurons : il n’y a pas de rites sataniques, pas d’enfants morts dans d’atroces souffrances dans notre Histoire. Ce n’est pas le « Refuge des âmes muettes ». Vous ne croiserez pas d’étranges créatures difformes et malveillantes, vous ne serez pas plongé dans un univers alterné de notre ville. Nos routes sont en excellent état, vous serez libres de partir quand vous le désirez, si malheureusement le climat ne vous convenait pas. Bienvenue à Silent Hill.

 
C’est quoi tout ce Vatra ?
Pour ce nouvel opus, Konami a décidé de confier leur licence horrifique phare à Vatra Games, après des épisodes en demi-teinte. La licence Silent Hill étant tombée en désuétude après Silent Hill : The Room (le 4ème épisode) soit le dernier jeu développé par la Silent Team, à l’origine de la série.
Dans Silent Hill : Downpour, vous incarnez le détenu Murphy Pendleton. Lors de son transfert vers une nouvelle prison, le convoi pénitencier dans lequel il se trouve a un spectaculaire accident. Sain et sauf, Murphy en profite pour tenter de s’échapper et s’enfonce dans la forêt, direction Silent Hill. Nous n’en dirons pas plus pour ne pas vous spoiler une histoire plutôt intéressante au demeurant. Cependant même si le scénario est assez captivant, il reste convenu et n’a pas la profondeur de ceux des premiers épisodes. Peut-être trop explicatif, moins mystérieux. Dommage. Il laisse moins de place à notre imaginaire.

 
Il pleut, il pleut berger, rentre tes noirs moutons
Avec Silent Hill, c’est l’ambiance si particulière de la série qui avait su séduire (épouvanter) les aficionados et Downpour remplit bien son contrat. Le thème de cet épisode est la pluie, comme son nom l’indique. Ce contexte de pluie torrentielle, d’orages violents se prête parfaitement à l’esprit de la série. L’ambiance malsaine et angoissante est particulièrement réussie dès que vous rentrez à l’intérieur d’un bâtiment où la pression et le stress vous envahiront. Que ce soit au niveau visuel, de la mise en scène de certains spectacles horrifiques, des sons qui s’échappent au détour d’un couloir, de la musique d’ambiance, de ces situations où vous vous retrouvez sans défense ou grâces aux énigmes retorses et malsaines que vous devrez résoudre, tout est fait pour que l’angoisse ne vous quitte pas d’une semelle. Les phases d’exploration de la ville vous feront relâcher la pression, bien que vous ne soyez pas à l’abri de quelques rencontres malvenues. Les phases de course-poursuite dans l’univers alterné sont, quant à elles, plutôt stressantes, vous menant dans une fuite en avant qui ne saurait vous dire quelle en sera l’issue. Le seul vrai bémol qui nuit à l’ambiance est le design des créatures. On sent un manque d’inspiration : peu de difformités, trop humaines par rapport à ce que la série nous a habitué et il n’y a pas plus de 4 types de monstres différents d’où une certaine monotonie dans les rencontres.

 
De la pluie au gel
Au niveau gameplay, les choses se veulent un peu plus chagrines malheureusement. Les phases de combat sont un peu brouillons, la faute à un « lock » pas très efficace en présence de plusieurs créatures, à une caméra un peu capricieuse près des murs et à une gestion de l’inventaire pas très ergonomique et lent, ce qui peut s’avérer très embêtant. Hormis cela, pendant les phases d’exploration ou de résolution d’énigmes, on ne note pas de souci particulier. Et pour s’enfoncer un peu plus dans les défauts du jeu, parlons de la technique. C’est le gros point noir du jeu qui gâche un peu l’ambiance distillée tout au long de l’aventure.
Il y a de gros soucis de framerate, l’ensemble se mettant à saccader dès lors que l’on tourne la caméra sur soi-même ou lorsque l’on court (le plus souvent en extérieur). L’obtention d’un trophée vous sera signalé par un petit freeze de quelques secondes. Les textures, quant à elles, mettront souvent un peu de temps à s’afficher nettement après un temps de chargement.
Au niveau de la durée de vie, le jeu se montre plutôt généreux en oscillant entre 10 et 12 heures de jeu. L’histoire principale, étant accompagnée de plein de quêtes annexes réussies et diversifiées qui vous en apprendront plus sur les détails de cette dernière.

 
On aime
+ L’ambiance dans les bâtiments
+ La durée de vie
+ Les bonnes idées de mise en scène

On aime moins
– Les problèmes techniques
– Le bestiaire limité et peu inspiré

Verdict
Silent Hill : Downpour n’a pas l’envergure des premiers épisodes mais s’y approche de près. Il reste un bon survival-horor qui vous fera sursauter quelques fois avec une touche d’angoisse qui ne vous quittera jamais totalement. Malgré ses défauts techniques, Downpour est un des plus dignes représentants de la série auquel il est possible de jouer depuis le quatrième épisode.

Vraiment sympa

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