Test – Metal Gear Solid V : Ground Zeroes

La sortie de Metal Gear Solid V : Ground Zeroes ne s’est pas faite sans remous. Le titre d’Hideo Kojima a fait polémique à cause de la (courte) durée de vie de sa campagne principale. Alors démo payante comme le clament certains ou véritable jeu comme l’affirment d’autres ? Et si la réponse était, comme annoncé depuis des mois et comme indiqué sur le dos de la boîte, un prologue ?

Chico n’est Paz là !

Le scénario de MGS V : GZ est, comme tous les épisodes de la saga, d’une relative simplicité. Dans cet opus, on incarne Snake qui doit infiltrer une base militaire cubaine afin d’en sauver les otages, parmi lesquels se trouvent Paz et Chico, personnages aperçus dans l’épisode Peace Walker sorti sur PSP. Si vous n’avez pas fait cet épisode, MGS V : GZ vous éclaire sur le sujet par le biais d’un récapitulatif en début de jeu mais aussi via divers journaux audio que tenaient Paz et disponibles dès le départ.
Bien entendu, si le scénario (l’objectif) est simple, le background est comme à l’accoutumée dans cette saga très riche, même pour cet apéritif qu’est Ground Zeroes en attendant l’opus principal : Phantom Pain.

Metal Gear Solid V : Ground Zeroes - Screenshot 2

Infiltre-toi !

En ce qui concerne le jeu à proprement parler, MGS V : GZ est dans la droite lignée des précédents opus en mettant l’accent sur l’infiltration. Ici, plus de radar qui nous indique en permanence la position et la routine des gardes. C’est à nous de repérer les gardes grâce à nos jumelles afin de pouvoir les « marquer » et ainsi les suivre sur la carte interactive. Consultable via le pavé tactile de la manette, elle exigera d’être à l’abri des regards pour pouvoir la consulter en toute tranquillité. Le jeu s’avère plutôt difficile (et donc plus long) si vous voulez jouer à fond le jeu de l’infiltration. Bien sûr, il est possible de faire le gros bourrin mais ce n’est pas sans risque non plus. Dans l’ensemble, le dosage entre action et infiltration est bien maîtrisé.
Il faut un petit temps d’adaptation pour s’habituer aux commandes mais de manière générale les actions se font de manière plutôt fluide. Bien que le titre s’avère moins rigide que les anciens opus au niveau de la maniabilité, nous avons constaté que cette impression restait légèrement présente par moments, comme lorsqu’on souhaite ramper dans un tunnel d’évacuation des eaux où il faut parfois s’y reprendre à plusieurs reprises avant d’y arriver. Stressant et frustrant lorsque vous êtes sous les feux ennemis. De plus, il existe en de rares moments quelques soucis de placement de la caméra qui ne facilitent pas votre visibilité. Rien de bien méchant, l’ensemble étant plus moderne qu’auparavant.

Metal Gear Solid V : Ground Zeroes - Screenshot 3

Graphiquement, MGS V : GZ donne vraiment l’impression d’être sur PS4 (enfin !). C’est beau et bien modélisé (sauf pour le chien du début de la cinématique d’introduction qui nous paraît un peu cartoon). Les textures sont fines et détaillées bien qu’elles puissent donner une certaine impression de plastoc… Heureusement cela ne fait pas toc pour autant. Au final, on s’y habitue très vite et cette sensation disparaît rapidement.
Enfin, doublage, bande-son et mise en scène sont très bien maîtrisés et collent parfaitement à ce que vous faites. Rien à redire sur ce point.

Le sujet qui fâche

La durée de vie de la mission principale du soft oscille entre 1h30 et 2h30 de jeu selon votre manière de jouer. Mais si l’on ajoute à cela les cinq missions annexes, la durée de vie du soft peut facilement se situer entre 5 et 10h de jeu. Là encore, tout dépendra de votre façon de jouer et de votre motivation à remplir tous les objectifs secondaires proposés. Mais doit-on évaluer un jeu selon sa durée de vie ? Doit-on prendre en compte le prix du jeu (30€) dans cette évaluation ? Et MGS V : GZ est-il une démo gonflée ou un véritable jeu ?
Ce sont des questions délicates où chacun a sa propre opinion. Pour l’auteur de ce test, la durée de vie d’un jeu est un facteur important mais non prépondérant dans l’appréciation. Quant à savoir si le prix d’un jeu doit rentrer en considération, la réponse est clairement positive. En effet, malgré tout le bien que l’on peut penser du jeu vidéo, cela reste un produit de consommation puisqu’il nous faut le payer. Pour n’importe quel loisir, on évalue le prix pour savoir si l’on achète ou pas le divertissement qu’il est susceptible de nous proposer. Donc lorsqu’on évalue un jeu lors d’un test, le prix entre en compte. Ce serait mentir de ne pas le reconnaître ou être tellement habitué à recevoir les jeux gratuitement qu’on en oublie la valeur d’une soixantaine d’euros (pour être dans la moyenne des tarifs pratiqués).

Metal Gear Solid V : Ground Zeroes - Screenshot 4

Enfin, pour donner un avis tranché qui sûrement ne plaira pas à certains d’entre vous, MGS V : GZ n’est pas une démo gonflée mais bel et bien un prologue. Cela a été annoncé et clairement inscrit sur le dos de la boîte. Lorsqu’on achète le jeu on sait clairement à quoi s’attendre (où on le devine). Il n’y a pas d’entourloupe de la part de Kojima ou de l’éditeur. Certes, le jeu paraît court et l’on est frustré par une fin qui ne donne qu’un sentiment : vouloir connaître la suite. On peut même penser que cela aurait pu être inclus avec l’opus à venir : Phantom Pain. Mais réduire Ground Zeroes à une simple démo, bien que l’on puisse comprendre ce point de vue, c’est un peu sévère. C’est juste un prologue. Rien de plus, rien de moins.
A vous de voir si vous êtes prêt à dépenser 30€ pour cela, le jeu en lui-même étant très sympathique et donnant envie de connaître la suite, ce qui tend à prouver qu’il est plutôt réussi. Avec un prix légèrement plus doux (environ 20€ max. sur PS4), cela aurait été plus correct.

Qualités :
+ Graphismes
+ Le challenge en infiltration totale
+ La modernisation du gameplay, mise en scène.

Défaut :
– Prix/durée de vie selon ce qu’on attend de l’expérience d’un jeu

Avis
L’expérience elle-même est captivante mais la frustration qu’il peut laisser du fait de son statut de prologue se ressent. MGS V : GZ s’adresse principalement aux fans de la saga. Pourtant le titre est loin d’être dénué de qualités et on prend plaisir à le faire de fond en comble même lorsqu’on ne suit pas particulièrement la licence. Malgré tout, l’idée que ce prologue aurait dû être inclus avec Phantom Pain reste en tête et au final l’apéritif n’est pas assez copieux pour le prix.

Sans plus

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