Test – Grand Theft Auto V

On ne va pas vous la faire à l’envers. Vous proposer un test de GTA V un peu après tout le monde, nous nous sommes demandés si c’était bien utile. Que pouvait-on bien dire de plus à son sujet que vous ne savez pas ? A priori pas grand chose. Nous avons donc choisi d’orienter le test sous un nouvel angle. Alors que tout le monde semble jouer au titre depuis quelques semaines, il reste encore bon nombre de joueurs qui ne sont pas intéressés ou qui n’en ont pas si envie que ça. Ce sont donc à ces personnes que ce test de GTA V s’adresse en priorité. Ce cinquième du nom de la saga Grand Theft Auto vaut-il la peine que vous changiez votre fusil d’épaule ou faites-vous bien de camper sur vos positions ?

On prend les mêmes, on recommence et on multiplie par 3

Nous n’allons pas vous faire l’affront de vous expliquer ce qu’est GTA, nous n’insulterons pas votre culture vidéoludique, surtout lorsqu’une saga est devenue un genre à part entière. Ce qu’il faut savoir, c’est que GTA V reprend dans sa globalité les éléments qui ont fait le succès de la licence : l’univers du banditisme, de l’irrévérence, de la violence, une liberté d’action monstrueuse, de l’humour, une critique de la société américaine et encore un peu de violence… le tout étant poussé à son paroxysme. « Toujours plus grand, toujours plus loin » semble être l’adage de cet épisode.

Grand Theft Auto V - Screenshot 1

A commencer par un changement de taille enfin de nombre plutôt. Dans cet opus, on contrôle non pas un mais trois personnages : Michael, Franklin et Trevor. Pour prendre le contrôle de l’un des trois personnages, il suffit de switcher entre eux grâce à la flèche bas de la croix directionnelle de la manette qui nous permet de choisir son « héros » à l’aide du stick analogique droit. Presque disponible à chaque instant, ce procédé fonctionne plutôt bien excepté lors de quelques rares moments. En général, lors de courses-poursuites ou lorsque vous recommencez une mission et que vous anticipez un peu trop le passage de relais qui est scripté à ce moment-là.

En ce qui concerne les personnages, comme à son habitude le jeu propose un ou plutôt cette fois, des anti-héros : Michael, quadragénaire, braqueur de banques à la retraite dont la famille est prête à imploser. Franklin, jeune homme vivant de « petits » larcins et habitant chez sa tante dans les quartiers populaires. Enfin, Trevor, ancien compagnon de braquage de Michael, vivant loin de la ville dans le désert et ayant la particularité d’être complètement barge.

L’histoire de GTA V reprend les mêmes mécaniques que celles utilisées lors des précédents épisodes, si ce n’est qu’elles sont vécues à travers le prisme de ces trois personnages. Rien de bien nouveau, on a un peu l’impression de vivre et revivre toujours un peu la même chose dans les différents épisodes de la saga. Ceux qui n’ont jamais été passionnés par l’histoire d’un GTA ne devraient pas être conquis ici non plus. Seul le personnage de Trevor tire son épingle du jeu apportant un vent de folie et la touche spectaculaire du soft. C’est également le seul « héros » qui puisse vous confronter à votre propre morale de par ses réactions extrêmes face à certaines situations. Le joueur oscille ainsi entre un sentiment libérateur et une aversion pour le personnage. Mais cela reste un sentiment personnel qui dépend du joueur et de son degré de tolérance face à la violence du personnage.
Reste une critique acerbe et souvent drôle de la société américaine quoiqu’un peu caricaturale à travers les nombreux dialogues des personnages et du background du jeu (radios, sites internet, cinéma…).

Grand Theft Auto V - Screenshot 2

Les mains sur la manette

En ce qui concerne les graphismes, le jeu est plutôt beau. Mention spéciale à l’eau particulièrement bien réalisée. Ce serait faire preuve d’une extrême mauvaise foi de dénigrer l’aspect graphique du titre au vu de l’immensité de la carte. Certes les graphismes ne sont pas dignes d’un The Last of Us par exemple, mais le jeu fourmille de détails, d’environnements variés et d’une modélisation des personnages, des bâtiments et des véhicules plus que correcte. L’affichage du décor se fait sans trop de soucis sauf en quelques occasions et le jeu reste toujours fluide. Pourtant ce test est réalisé sur une version dématérialisée censée être moins performante que le support physique. Il existe quelques bugs par-ci par-là dans le jeu mais ce n’est réellement pas gênant et là encore plutôt rare. Le jeu est dans l’ensemble bien fignolé même si on note quelques freezes de la console malheureusement.

Au niveau du gameplay, le constat est un peu moins reluisant. Si le travail sur la conduite des différents véhicules sur route goudronnée ou de terre, sur les eaux ou dans les airs est d’excellente facture dans l’ensemble, les phases à pied restent un peu plus lourdes. Rien de dramatique ou d’handicapant pour autant. Ce qui l’est plus, c’est la prise en main générale du jeu.
En effet, les commandes restent les mêmes que celles des précédents épisodes et cela a pris un petit coup de vieux. Ce n’est pas très intuitif. La faute à une palette énorme de choses possibles à faire avec le pad. Rien que l’accès à la carte en deux temps n’est pas des plus pratiques. De plus, dans les premières heures de jeu, on s’embrouille régulièrement dans les actions à effectuer. Il faut vraiment s’adapter aux commandes et les apprivoiser. Cela ne concerne pas les actions essentielles mais plus tous les « à-côtés » comme répondre au téléphone, changer la radio ou de personnages… Et puis si on a le malheur de tomber sur une voiture-savonnette lors des premières parties, cela n’arrange pas les choses et votre frustration. Cependant avec un peu de persévérance, tout rentre dans l’ordre. Il faut juste prendre le temps de bien maîtriser les commandes du jeu.
En ce qui concerne les phases de tir, on sent qu’un effort a été fait par les développeurs même si un aspect un peu brouillon persiste par moment. Le système de couverture et la visée semi-automatique se révéleront bien pratiques pour les moins doués d’entre nous.

Grand Theft Auto V - Screenshot 3

Nouveauté, les trois personnages ont chacun un capacité spéciale. Pour Franklin cela concerne la conduite, pour Michael sa capacité à faire des headshots et pour Trevor à doubler les dégâts qu’il fait en tirant. Pour enclencher la capacité spéciale d’un personnage, il suffit d’appuyer simultanément sur L3 et R3, ce qui ralentit le temps et vous donne l’occasion d’effectuer votre prouesse. A vrai dire, c’est assez anecdotique et vous ne l’utiliserez pas souvent.
De plus, dans cet épisode il est possible d’être discret, ce qui apporte un aspect infiltration bienvenu au jeu, diversifiant un peu votre approche des  »gunfight ». Dans le même genre, les phases de braquage sont véritablement réussies. On a vraiment l’impression de préparer son méfait et d’adopter la stratégie que l’on souhaite. On peut ainsi foncer dans le tas ou être plus subtil. Ce n’est pas un aspect très poussé mais c’est appréciable.
Enfin, une once de RPG (c’est un grand mot quand même) est présente dans le jeu. En effet, à force de conduire, de vous dépenser physiquement ou encore de tirer, une jauge d’endurance, de conduite ou de précision par exemple se remplira au fur et à mesure de votre progression. Ainsi vous deviendrez plus endurant, meilleur tireur ou plus apte à maîtriser les véhicules aériens.
Toutes ces nouveautés apportent une dimension nouvelle à la licence, la rendant un peu plus subtile au niveau du gameplay. Chose appréciable.

A ne plus savoir quoi faire

Le contenu (donc la durée de vie du jeu) est tout simplement gargantuesque. Outre les soixante-neuf missions principales à faire, il existe des missions secondaires et un nombre incalculable d’activités disponibles à Los Santos. Les occupations sont nombreuses et variées : faire du shopping, aller au club de strip-tease ou au cinéma, faire un triathlon, du saut en parachute, des courses de voitures, du yoga, du tennis, du golf… Et pour ne rien gâcher, chaque activité est bien réalisée et intéressante à faire. Il se peut que vous « perdiez votre temps » à faire ces activités plutôt que les missions.
Pour revenir sur ces dernières, sachez qu’elles sont plutôt variées (sur terre, en mer, dans les airs ou sous l’eau) dans l’ensemble même si au final il s’agit souvent d’aller d’un point A à un point B. Seulement les dialogues, les enjeux et les objectifs varient assez pour ne pas ressentir de répétitivité dans votre progression. Et puis si vous êtes moins motivé à un moment ou à un autre, les nombreuses activités sont là pour varier les plaisirs. Les développeurs ont vraiment fait un incroyable boulot en ce qui concerne le contenu du jeu.

Grand Theft Auto V - Screenshot 4

Dernier point à aborder, la traduction. Si elle est complète et de très bonne facture, le cœur est tiraillé entre deux états de fait. D’un côté on remercie l’éditeur d’avoir gardé une version sous-titrée du jeu avec ses excellents doublages anglais des personnages ou de la radio. De l’autre on regrette l’absence de traduction vocale par moment malgré le risque qu’aurait pu être un tel doublage français. C’est paradoxal mais vrai. En effet il arrive souvent lorsque vous conduisez que les personnages parlent, et lire tout en restant concentré sur la conduite de votre véhicule n’est pas une mince affaire. Si on a le malheur de ne pas comprendre l’anglais, il faut être très prudent pour lire et conduire en même temps ou il faut faire l’impasse sur ces dialogues qui apportent pourtant une richesse supplémentaire au background du jeu. Et parfois vous n’aurez pas le choix lors des courses-poursuites, à moins d’être bilingue. Du coup cela nuit un peu au gameplay et à l’immersion. De plus, il est dommage que les infos ou certaines pubs diffusées à la radio ne soient pas traduites car elles sont souvent drôles et pleines d’ironie. Mais ce sentiment face à cette situation est récurrent à chaque épisode.

Verdict

Qualités
+ Durée de vie
+ Richesse de l’environnement
+ La playlist des radios
+ La variété des activités
+ Trevor
+ La qualité des doublages
+ Les braquages

Défauts
– Prise en main pas très intuitive
– Un récit linéaire un peu vu et revu
– Suivre les dialogues tout en conduisant
– Les capacités spéciales qui servent peu

Avis
GTA V reste dans la droite lignée des épisodes précédents. Les ingrédients sont toujours les mêmes mais les quelques nouveautés de ce nouvel opus sont très sympas et apportent une dimension légèrement plus tactique. Oui, c’est violent, oui c’est un peu toujours la même histoire et la prise en main n’est pas des plus intuitives mais le travail réalisé par les développeurs est impressionnant. Ce serait vraiment injuste de ne pas le reconnaître.
Quant aux autres, ceux qui vénèrent la licence, il est clair qu’ils ne seront pas déçus non plus. Et l’appréciation se situerait plutôt entre captivant et jeu de rêve, selon votre objectivité.

Vraiment Sympa

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