Test – Dishonored

Dishonored était attendu, c’est le moins que l’on puisse dire. Développé par Arkane Studio en collaboration avec Harvey Smith (Deus Ex) et Viktor Antonov (Half-Life 2), le jeu du studio lyonnais nous promettait à la vue des différentes vidéos d’être la surprise, si ce n’est l’un des meilleurs jeux de cette fin d’année.

La corvée de Corvo

Le jeu prend place à Dunwall, capitale des Iles, qui était autrefois prospère avant de tomber ces dernières années dans le chaos le plus total avec l’arrivée d’une terrible épidémie et l’assassinat de Jessamine Caldwin, l’Impératrice bien-aimée. L’univers de Dishonored nous dévoile un contexte composé de côtes inhospitalières, de lointaines contrées sauvages et de villes néo-industrielles dans une sorte de variation du steam punk. Électricité tournant à l’huile de baleines, conceptions mystiques imposées par les Superviseurs (sorte de prêtres de la religion officielle) face au culte hérétique de l’Outsider (un personnage aux étranges pouvoirs jouant une sacrée partie d’échecs avec les humains), batailles de pouvoirs sont les composantes de ce monde.
Dans cet univers, vous êtes Corvo, fidèle garde du corps de l’Impératrice accusé à tort de son assassinat. Mû par un désir de vengeance et celui de retrouver Émilie (fille de feu l’Impératrice) enlevée lors de ce tragique évènement. Votre vie d’avant n’est plus et votre masque (pour cacher votre identité) sera le cauchemar de vos ennemis.
Au fur et à mesure de votre progression, vous découvrirez un univers riche et travaillé. L’histoire se déroule d’une manière assez convenue mais non moins intéressante. Vous serez happé par l’univers et l’intrigue.

Dishonored - Screenshot 1Dishonored - Screenshot 3

En un clignement

Dishonored est un jeu d’action/infiltration à la première personne. Vous évoluerez ainsi sans jamais voir le personnage principal (si ce n’est ses mains) et sans jamais prendre la parole. Pour échapper et/ou terrasser vos ennemis, il vous sera possible de trancher leur gorge ou de les neutraliser d’une manière non létale, de courir, d’entrer en mode discret, de grimper en hauteur, de vous mettre à couvert, d’observer de loin grâce aux jumelles intégrées à votre masque et d’utiliser vos récents pouvoirs que l’Outsider vous a octroyé.
Parmi ses pouvoirs surnaturels, vous pouvez utiliser par exemple le clignement (téléportation), la possession d’êtres vivants, la nuée vorace (appel d’une nuée de rats pour faire le ménage), le pli temporel (ralentit ou stoppe le temps) ou la vision nocturne. Ces pouvoirs s’obtiennent en récoltant des runes que vous pouvez trouver grâce à un cœur mécanique vous permettant de les localiser. Plus vous en récoltez, plus vous avez la possibilité d’en acheter de nouveaux ou de les « upgrader ». En effet chaque pouvoir possède deux niveaux de puissance. Par exemple, avec la possession de niveau I vous ne pouvez contrôler que les rats ou les poissons. En « upgradant » ce pouvoir, à vous la possession d’être humain.
Enfin ces pouvoirs sont limités par votre jauge de mana qui se vide plus ou moins selon la puissance du pouvoir utilisé. Il existe cependant des potions que l’on peut acheter ou trouver pour requinquer votre habileté à utiliser votre magie.
A cela s’ajoutent les charmes d’os. Ces derniers, repérables grâce au cœur mécanique également, vous octroient des bonus (plus de chances qu’un tir d’ennemi vous rate, potions de santé ou de mana plus efficaces par exemple).
Le système de pouvoir est très bien pensé et dosé, s’adaptant parfaitement à vos choix. Il se peut même que vous n’utilisiez que certains pouvoirs et peu ou prou les autres. Tout dépendra de vos choix.

Dishonored - Screenshot 5

Des choix « corvéliens »

Dans Dishonored, libre à vous d’évoluer comme vous l’entendez. D’une manière brutale et sanguinaire ou d’une manière plus discrète et non létale, le choix de votre progression et de remplir vos objectifs vous appartient. Le level design des niveaux est entièrement pensé pour atteindre votre but de la manière désirée. Vous pourrez ainsi vous faufiler parmi les ennemis sans être vu ou y aller franchement sans état d’âme. Et selon votre manière d’agir les niveaux pourront être complétés en une trentaine de minutes ou en plusieurs heures, la manière discrète nécessitant l’observation des tours de gardes ou la recherche de passages à l’abri des regards. Enfin vos choix auront également une incidence sur votre environnement et la perception des personnages secondaires qu’ils ont de vous et dans une moindre mesure sur la fin du jeu.

Dishonored - Screenshot 2Dishonored - Screenshot 4

L’honneur de Dishonored

Les graphismes s’en sortent avec les honneurs. Les environnements sont plutôt riches et diversifiés avec une ambiance et des couleurs assez sombres mais qui collent parfaitement à l’univers du jeu. De manière générale, les personnages et les décors sont détaillés. On s’imprègne rapidement de l’ambiance grâce aux graphismes et à la direction artistique du jeu. De même la réalisation est au top, les bugs étant quasi-inexistants (disparition d’un corps de temps en temps) et la profondeur du champ visuel étant optimale. L’IA des ennemis est elle aussi sans reproche. Quant à la durée de vie, elle oscillera entre une bonne dizaine d’heures et une bonne vingtaine d’heures selon votre manière d’avancer dans le jeu. Ce dernier possédant une excellente rejouabilité grâce aux différentes manières de remplir vos objectifs de l’intrigue principale ou des missions secondaires.

 
On aime
+ La réalisation
+ La liberté d’action
+ La direction artistique

On aime moins
– Euh…

Verdict
Dishonored propose un univers riche et varié où vos choix auront une incidence sur la perception qu’on aura de vous et sur la finalité de votre aventure. Quasi sans défauts, le jeu se rapproche de ce qu’on appelle l’excellence vidéoludique.

Captivant

Aucun commentaire

Vous devez vous connecter pour laisser un commentaire.