Test – Dead Space 3

Deux ans après la sortie du très réussi Dead Space 2, Visceral Games et Electronic Arts remettent le couvert. Dead Space 3 avait fait naître bon nombre d’inquiétudes avec son mode coopératif et son orientation toujours plus poussée vers l’action. Le moment est venu de savoir si ce troisième opus est à la hauteur des deux précédents.

Micro-peur…

Côté scénario, Dead Space 3 n’a rien de vraiment original. On retrouve une fois encore Isaac Clarke, et une fois encore il doit sauver l’univers en mettant fin à la menace Nécromorphe causée par les monolithes, le tout en secourant la femme qu’il aime. En mettant de côté le prologue qui ne sert pas à grand chose si ce n’est à se familiariser avec le gameplay, les 7 premiers chapitres (sur 19) se déroulent dans l’espace et nous donnent une forte impression de déjà-vu.
Inutile de se le cacher, cet épisode nous à bien moins fait peur que les précédents. L’impression d’être seul, isolé ou bloqué dans des lieux hostiles et claustrogènes comme promis est loin d’être au rendez-vous. Isaac est presque toujours en contact avec son équipe et les scènes d’actions hollywoodiennes sont beaucoup trop présentes pour un survival-horror. Une fois Carver aux cotés d’Isaac, la coopération incite à la discussion (au micro) réduisant à néant tout le côté horrifique du jeu. Par moments, la présence des Nécromorphes passera complètement inaperçue. Autant dire que l’on vous recommande de jouer en ligne dans un second temps, si possible en incarnant Carver afin d’en apprendre un peu plus sur ce personnage sujet aux hallucinations – que seul le joueur le contrôlant verra – et hanté par le remord.
Difficile donc de vraiment sursauter, d’autant plus que Visceral Games utilise souvent le même procédé pour faire bondir le joueur. Sachez tout de même que les effets visuels et les bruitages sont encore une fois très réussis.

Dead Space 3 - "slasher cocoon"

… pour micro-paiement

Dead Space 3 compte quelques nouveautés dans son bestiaire et le gameplay du héros. Isaac peut maintenant faire des roulades pour esquiver une attaque de Nécromorphe et s’accroupir pour faciliter les affrontements contre les humains. On notera le retour des boss qui ponctuent ici et là des séquences fortes du jeu, ainsi que du Nemesis impossible à tuer.
L’autre nouveauté du jeu est le système de création d’armes qu’il est difficile d’apprécier à sa juste valeur dès le début de l’aventure. Pour ce faire, il vous faudra récupérer des matériaux un peu partout dans le jeu en déchiquetant des ennemis, en défonçant des caisses ou en fouillant des salles. Rendez-vous ensuite à un atelier pour créer de toute pièce votre arme en choisissant le type d’armature, la partie inférieure, supérieure et les embouts. Vous pourrez y ajouter des accessoires et des circuits d’améliorations qui octroieront des bonus à votre partenaire (guérison, …) , à vous-même (force, …) ou à votre arme (dégâts, cadence, …). Deux types d’armement peuvent être placés sur votre crosse offrant la possibilité de créer des armes bien fun : mitrailleuse lance-flamme, lance-pics déchiqueteur (sorte de clouteuse géante munie d’une lame tournante),…etc. Pour les plus feignants, il existe des schémas d’armes que vous trouverez de la même manière que les matériaux pour créer directement une arme préétablie.
Toutefois, cette feature nécessite beaucoup de matériaux et, pour les armes les plus puissantes, des ressources rares. C’est là qu’entre en jeu le micro-paiement. L’éditeur propose d’acheter (avec de la vraie monnaie) différents pack contenant de nouvelles tenues, de nouvelles armes mais aussi des ressources. A vous de faire votre choix mais sachez qu’il est tout à fait possible de créer un armement des plus convenables avec les matériaux trouvés au fil de l’histoire, d’autant plus qu’à partir d’un certain stade du jeu, vous pourrez utiliser des Charognards. Il s’agit d’un petit robot scanner qui ramène pour vous – quelques – ressources à votre atelier.
Enfin, c’est toujours par le biais des ateliers que vous pourrez créer kits de soins, recharges de stase ou munitions universelles. Oui, dans Dead Space 3, il n’existe qu’un seul type de munitions pour toutes les armes. Une « amélioration » qui réduit encore le côté gestion et l’aspect survival-horror du titre.

Dead Space 3 - Création et costumisation d'armesDead Space 3 - Espace

Un partenaire discret

Malgré tout ce qui vient d’être dit, Dead Space 3 reste un bon jeu. Plusieurs quêtes annexes rallongent la durée de vie puisque Isaac et Carver possèdent leurs propres missions supplémentaires. Tandis qu’en solo, Carver n’est croisé qu’en de rares occasions et n’intervient jamais, il en sera tout autre chose en coopération puisque Visceral Games a ré-écrit de nombreux passages de manière à rester cohérent sur l’intrigue suivant le mode de jeu choisi. Les protagonistes peuvent s’échanger des objets, des schémas, des armes, ce qui est agréable lorsque votre coéquipier ne dispose plus de soins ou de munitions par exemple.
Bref, Dead Space 3 reste tout de même un titre de qualité qui vous demandera une quinzaine d’heures pour le boucler, quêtes annexes comprises.

 
On aime
+ Les décors
+ L’ambiance sonore
+ La création d’armes

On aime moins
– Les temps de chargement
– Le tournant pris vers l’action

Verdict
Malgré ses défauts, Dead Space 3 reste un bon jeu. Les choix opérés pour accentuer l’action sont malheureusement faits au détriment de la peur que la série suscitait. La coopération bien que sympathique ne fait que renforcer ce sentiment.

Vraiment sympa

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