Test – Assassin’s Creed Unity

Voilà enfin l’Assassin’s Creed que tout le monde attendait. Du moins côté français. Celui qui prend pour cadre notre chère capitale, baignée dans le sang de la Révolution, et premier du nom sur console nouvelle génération. Alors, révélation ou déception ?

Histoire avec un grand H

Dans cet épisode, vous incarnez un jeune Franco-Autrichien nommé Arno Victor Dorian, issu d’une famille aisée de Versailles. Un tantinet imbu de lui-même et marqué par l’assassinat de son père dans sa jeunesse, notre héros n’est pas sans rappeler Ezio, jusque dans sa modélisation. Un brun séducteur et tout aussi impétueux que notre bel italien, Arno va rapidement devoir payer ses erreurs passées et rejoindre l’ordre des Assassins pour se repentir. Notre héros à capuche se lance alors dans une quête vengeresse sur fond d’amourette impossible et de Révolution française.
Sans entrer plus dans le détail du scénario, le cœur du jeu se déroule entre 1791 et 1794, et à ce moment-là, les feux de la Révolution se sont déjà calmés, la Bastille est tombée, le Roi est mort, bref, on est loin de vivre la Révolution de l’intérieur. C’est dommage, mais c’est aussi les cas dans d’autres épisodes comme celui se déroulant lors de la Révolution américaine. On ne vit pas non plus l’Histoire, on ne fait que la survoler et ça Ubisoft l’a toujours fait : se servir d’un contexte historique comme trame de fond, et uniquement ça. En revanche, on peut compter sur un casting convaincant qui compose assez bien et qui plus est, assez charismatique.

Paris réussi

Pour ce qui est de la ville de Paris, les développeurs d’Assassin’s Creed Unity ont tout simplement fait un travail surprenant. Paris est immense, Paris est magnifique, et est non seulement la plus belle ville, mais aussi la plus agréable, qui nous a été donné de parcourir dans toute la série. Outre la modélisation des bâtiments au détail près, il est maintenant possible d’explorer l’intérieur de plus de la moitié des édifices, sans temps de chargement, favorisant l’infiltration qui a aussi été revue pour l’occasion. Autre grande réussite de cet épisode : la foule. Les rues de Paris regorgent de « sans-dents », malotrus, aristocrates pédants et autres individus mal intentionnés, qui viennent apporter de la vie et offrent de nombreuses opportunités pour se dissimuler, et disparaître. Notons que cette foule, certes perfectible, s’égaye ou panique selon la situation, pouvant même appeler la maréchaussée en cas de meurtre.
Dans cette grande ville, se trouvent de nombreuses activités annexes, qui introduisent quelques nouveautés. Ces missions scénarisées se basent toutes sur des événements, mythes ou racontars de la période révolutionnaire. Les missions d’enquête vous demanderont d’inspecter une scène de crime à la recherche d’indices. Après avoir analysé les preuves et interrogé les suspects, il faudra accuser le coupable, et le bon, pour le livrer aux autorités. Les énigmes de Nostradamus vous retourneront les méninges, les failles temporelles vous feront voyager à différents moments de l’histoire. Les divers objets à collecter, les coffres à ouvrir et les missions d’assassinat, d’escorte, d’espionnage ou de vol sont autant d’activités annexes qui sont prétexte à parcourir les rues de Paris avec le plus grand plaisir.

Assassin infiltré

Délaissant son gameplay rigide, Unity tranche avec ses prédécesseurs en proposant pour la première fois « un mode » infiltration. Arno peut maintenant se baisser ou se pencher et devient moins bruyant et plus difficile à repérer. Associée à un système de couverture et une vision d’aigle toujours très utile, cette nouvelle fonction permet des approches tout en discrétion. Et croyez-le ou non, l’infiltration sera bien souvent la meilleure solution. Les combats ont véritablement gagné en difficulté, et les ennemis en force. Plus question de marteler le bouton d’action pour enchainer les coups. Désormais, les ennemis s’organisent, utilisent différents artifices pour vous jouer des tours, et vont même jusqu’à vous frapper lorsque vous êtes à terre.
La lame fantôme fait également son apparition et est en fait une variante de l’arbalète ou de la sarbacane des précédents opus. Elle est capable d’envoyer des fléchettes classiques ou empoisonnées. Efficace à mi-distance, elle propose une alternative silencieuse au pistolet. Autre nouveauté, si vous sortez du champ de vision d’un ennemi qui vous a repéré, « un fantôme » d’Arno apparait, indiquant sa dernière position connue. L’ennemi viendra alors inspecter cette zone afin d’essayer de vous retrouver.
Des idées certes classiques mais bienvenues qui collent parfaitement à l’orientation prise par cet épisode.
En sus de cet aspect infiltration, Assassin’s Creed Unity a connu quelques changements de gameplay censés apporter un coup de jeune à la franchise. En effet, la course libre, la grimpette et la descente sont beaucoup plus fluides. Arno franchira plus facilement les obstacles à partir du moment où l’on appuie sur les bonnes touches. Oui, car les commandes ont quelque peu changées dans cet épisode. Les problèmes de direction, de sauts intempestifs et autres butées récurrents dans la saga ont largement été améliorés.

Quatre Arno pour le prix d’un

L’ajout rafraichissant de ce nouvel épisode reste le mode multijoueur. Ici, pas de compétition, mais de la coopération. Ainsi, frontière entre solo et multi s’efface puisqu’aucun mode séparé n’est proposé. Les missions apparaissent sur la carte aux côtés des autres et sont également scénarisées. Jouable de deux à quatre joueurs sur une même map, plus difficiles que les missions solo et de deux types (vol et assassinat), elles obligent à des actions coordonnées si l’on veut s’en sortir avec honneur.
A ce titre, il vaut mieux jouer avec des amis en activant le chat vocal (via le menu « Party » de la PS4) ça change vraiment tout… Jouer contre des inconnus et sans se parler, ça tourne vite au n’importe quoi, et devient, au final, sans intérêt. Cette nouveauté apporte en tout cas de nouvelles sensations et du fun aux parties.
Si nous n’avons rencontré aucun bug durant nos parties solo, il en est tout autrement avec le multijoueur. Les échecs de connexions, les missions qui ne se valident pas, les ennemis invisibles, les lags sont légion. Dommage.

Verdict

Qualités
+ La modélisation de Paris
+ Les environnements intérieurs accessibles sans chargement
+ L’infiltration
+ Quêtes annexes nombreuses et intéressantes

Défauts
– Temps de chargement un peu longs
– Coop techniquement pas au point

Avis

Assassin’s Creed Unity est un bon cru. Moins bon que Black Flag, mais revenir aux bases de la série tout en revoyant les mécaniques de gameplay (free run, combat, infiltration…etc.) était un pari audacieux et réussi. Paris est sans aucun doute l’élément le plus réussi, renouant avec le côté urbain des premiers épisodes.

Vraiment sympa

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