Community Mag N°81 – Mars 2015

La récente polémique sur la durée de vie de The Order 1886 (ou même Ryse sur Xbox One) est symptomatique de la perception que les joueurs ont du jeu vidéo. Si certains le considèrent comme un (possible) 8e Art au même titre que la musique, la peinture ou le cinéma, il s’avère que dans son appréciation commune et actuelle, nous en sommes loin.

S’il arrive que nous traitions le jeu vidéo comme un objet culturel, nous le percevons généralement comme un simple produit de consommation. Dans les « Tests » réalisés par la presse ou les joueurs, nous ramenons inévitablement ce nouvel art potentiel à un objet consommable où chacune de ses caractéristiques (scénario, jouabilité, graphismes, bande-son ou durée de vie) est soumise à une critique voire à une note. Chaque aspect du jeu est qualifié et quantifié par un système de notation ou d’appréciation dans un seul but : ce jeu vaut-il la peine d’être acheté et à quel prix ?
A partir de ce constat, peut-on réellement considérer le jeu vidéo comme un art alors que notre perception commune de l’objet le ramène immanquablement à son statut de produit ?
Dans un autre domaine, avez-vous déjà entendu quelqu’un parler d’un tableau par exemple en lui reprochant d’avoir un cadre trop petit ou trop grand ? Quelqu’un qui dirait que les couleurs d’une toile sont trop vives ou trop fades pourrait-il être vraiment pris au sérieux dans sa critique d’une œuvre ? Lorsque l’on admire une œuvre d’art, ne l’apprécie-t-on pas dans son ensemble et pour ce qu’elle nous renvoie, ce qu’elle nous apporte sans forcément nous attarder sur sa composition et chacune de ses caractéristiques ?

Le jeu vidéo ne me semble pas prêt d’être le 8e Art. Non pas parce que le média n’est pas arrivé à maturité mais parce que nous ne le sommes pas, pour toutes les raisons évoquées en amont. A l’heure actuelle, le jeu vidéo porte très bien son nom, sa dénomination. Un jeu, un loisir auquel s’adonne des millions de personnes. Un produit de consommation. En l’état, le jeu vidéo fait partie de la culture pop et c’est déjà une grande avancée lorsqu’on regarde en arrière la perception que la société avait de lui quelques années plus tôt.
Il reste cependant l’espoir que l’objet jeu vidéo transcende son statut un jour prochain grâce à des œuvres pionnières (Ico, Limbo, Shadow of Colossus, Journey, Okami et bien d’autres). Malgré leurs défauts techniques, elles réussissent à réunir d’autres arts (dessin, musique, cinéma, poésie…) pour en créer un nouveau et à faire l’unanimité sur leur statut presque à part dans l’industrie.

Quant à The Order 1886, mais cela est valable pour tous les jeux vidéo, son ratio prix/durée de vie est-il vraiment légitime pour juger si l’on appréciera ou non le titre de Ready at Dawn ? Oui et non. Tout dépend de la perception que vous vous faites dès à présent de l’objet que vous avez entre les mains.

 
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N°81 – Mars 2015

 
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Dans ce numéro :
EN COUVERTURE – Bloodborne | TESTS – The Order : 1886 – Dying Light | SONY & CO – Fixation pour DualShock 4 | RETROSTATION | COLLECTOR – La sélection du mois