C’est dit ! – Vivendi chez les Assassins

Suite à sa première entrée au capital d’Ubisoft et celui de Gameloft aux alentours des 6% la semaine dernière, le groupe Vivendi (Universal Music Group, Canal+, Dailymotion, …) vient d’augmenter sa participation comme l’on s’en doutait. C’est maintenant officiel, l’acquisition de 10,39 % (Ubisoft) et 10,20 % (Gameloft) des actions de chaque société ont eu lieu le 20 octobre pour une somme globale de 278,41 millions d’euros réglée grâce à la trésorerie propre du groupe.

Dans le communiqué qui accompagne ces acquisitions, Vivendi “ne s’interdit pas d’augmenter sa participation dans ces deux sociétés en fonction des conditions de marché et se réserve la faculté, le moment venu, de demander à être représenté à leur conseil d’administration”. La presse spécialisée y voit d’ailleurs à travers ces mots la très forte probabilité d’une future OPA. Cela ne serait pas surprenant vu qu’il s’agit du deuxième groupe de divertissement au monde et la place de plus en plus importante du jeu vidéo dans la culture. La plupart des analystes spécialisés voient dans cette opération du groupe une future volonté de fusionner Ubisoft et Gameloft pour en faire l’un des géants du secteur.

Yves Guillemot, le PDG d’Ubisoft, a tenté de rassurer les fans (et sûrement de motiver les salariés) en déclarant : “Nous ne laisserons pas cette situation – ni les futures actions de Vivendi, ou d’autres – nous distraire de nos objectifs. Notre meilleure défense est de rester concentré sur ce que nous savons faire de mieux : créer les meilleures et les plus originales expériences de jeu.” Mais, nul doute que si Vincent Bolloré, président du groupe Vivendi, prend les rênes de la société française, ce sera pour faire du profit.
Mais avec cette nouvelle acquisition de Vivendi, le groupe devient le premier actionnaire, l’actionnaire majoritaire. Ainsi, s’il réclame une place au conseil d’administration (« ce quil ne s’interdit pas »), leur pouvoir de décision serait capital.

Je vous vois déjà crier au scandale, au « RIP Ubisoft » et je vous comprends un peu, en pensant que les bonnes surprises venant d’Ubisoft (comme l’a été Soldats inconnus : Mémoires de la Grande Guerre par exemple), c’est terminé ! Mais imaginez qu’au contraire, ce rachat permette d’augmenter le nombre de titres de Just Dance avec les morceaux du catalogue d’Universal ou encore mieux, d’adapter en jeu vidéo des licences sous l’égide du Studio Canal.
Je suis sûrement très optimiste mais laissons le temps nous dire si Ubisoft et Gameloft connaîtront le même sort qu’Activision. Ou si cela changera vraiment leur politique d’édition déjà largement critiqué…