C’est dit ! – L’ère du commercial ou comment l’indépendant sauve un art

Je me souviens de cet enthousiasme qui me poussait à veiller jusqu’au beau milieu de la nuit, dans l’unique but de suivre une conférence ou une grosse annonce d’un éditeur…

Sous la chaleur de l’été, le temps était long devant ces abominables décomptes qui malgré tout faisaient monter l’excitation à mesure qu’ils se rapprochaient de zéro. Mon côté passionné des jeux vidéo n’y était pas pour rien ! J’aurais pu cependant me contenter d’attendre le petit matin pour découvrir un beau résumé des annonces qui avaient été faites durant mon sommeil, accompagné de vidéos en haute définition… Mais non, c’était plus fort que moi, il fallait que je reste. Parce qu’il y avait bien une chose que j’étais sûr de retrouver à chaque conférence : ce qu’on appelle « l’effet wahou ». En d’autres termes un jeu vidéo, une annonce ou quoi que ce soit d’autres d’inattendu, de si novateur qui faisait qu’il m’était par la suite impossible de fermer l’œil… Quelque chose qui faisait si plaisir à découvrir en direct que je devais me résigner à spammer Twitter avec les autres passionnés (fous ?) qui avaient veillé. Qu’il est loin ce temps…

Je n’ai pas la prétention de raconter des anecdotes de ma vie sans intérêt, non, si aujourd’hui j’en viens à parler de cela, c’est plutôt parce que je suis sûr de ne pas être seul à regretter l’époque des nouveautés à foison. Parce que « l’effet wahou » a pour moi disparu… Je précise d’emblée que le tableau n’est pas tout noir, force est de constater que les éditeurs indépendants continuent d’innover, continuent d’apporter cette touche artistique, cette originalité constante ainsi que cette émotion qui font des jeux vidéo un art.
Peut-être étais-je naïf mais, j’ai l’impression qu’il n’y a plus aucune innovation de la part des grands éditeurs. On assiste à une quasi-annualisation des franchises, les jeux sont volontairement incomplets afin d’être complétés par des DLC. Les DLC ou un masque hypocrite pour faire mine d’être dans la nouveauté constante. Et l’on devrait se réjouir d’un énième Call Of Duty, d’un énième Battlefield (avec les mêmes cartes mais deux palmiers en plus) ou Lego machin qui surfe sur un succès cinématographique, histoire de ne pas prendre de risque… Cet art atteint son paroxysme avec Rockstar qui ressort exactement le même jeu, un an plus tard, à un prix exorbitant en nous resservant un GTA V sans même proposer d’autres jeux.

Il y a d’ailleurs un facteur assez révélateur de ce désintérêt qui peu à peu se crée à l’égard de ces grands éditeurs : les YouTubers Gaming en sont l’illustration. Pewdiepie et autres Squeezie attirent aujourd’hui plus de viewers que jamais. La clé de leur succès ? Les jeux vidéo indépendants, pardieu !
Alors, pourquoi ? Un réel manque d’audace de la part de ces éditeurs, un confort qui fait que finalement, les consoles Next-Gen n’apportent pas l’avancée technique espérée dont leurs petites-sœurs ont pu jouir. Car tout semble passer dorénavant par la technique, le prétexte étant de rajouter quelques pixels par-ci, d’autres par-là, au détriment de l’esthétique artistique du jeu et des scénarios de plus en plus pathétiques.

Au final, c’est une lassitude qui se crée et qui pousse à poser la manette. Mais, à ce prix-là, la PlayStation 4 est un onéreux décodeur NETFLIX… Est-ce pour autant la fin des jeux innovants et/ou artistiques ? Est-ce pour autant la fin d’une ère voire l’apocalypse ? Il faut relativiser. Soit ce manque de contenu signifie qu’en coulisses quelque chose de majestueux se prépare, et là je compte beaucoup sur le projet MORPHEUS et autres lunettes… Soit les jeux AAA de qualité se feront rares et le reste reposera sur un panel de consommateurs qui apprécie le re-re-re-re-réchauffé… Après tout, les jeux vidéo indépendants méritent qu’on s’y attarde !

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